Décision n° 98-408 DC
- Communiqué de presse
- Texte du traité déféré
- Dossier complet sur le site de l'Assemblée nationale
- Dossier complet sur le site du Sénat
- Saisine Premier ministre
- Saisine Président de la République
- Documents à l'appui
- Négociation internationale ayant conduit à l'adoption du statut
-
Version en anglais
- Commentaire
- Références doctrinales
- Décision n° 98-408 DC du 22 janvier 1999
Traité portant statut de la Cour pénale internationale
Le Conseil constitutionnel a été saisi conjointement par le Président de la République et le Premier ministre, en application de l'article 54 de la Constitution, de la question de
savoir si la ratification du traité portant statut de la Cour pénale internationale, signé à Rome le 18 juillet 1998, devait être précédée d'une révision de la
Constitution.
Pour répondre à cette question, le Conseil a confronté le traité à trois séries de normes d'égale valeur constitutionnelle :
- les dispositions mêmes de la Constitution de 1958 ;
- les principes de rang constitutionnel en matière de droit pénal et de procédure pénale ;
- le respect des conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale.
Par sa décision du 22 janvier 1999, le Conseil a estimé que le traité qui lui était soumis était conforme à la Constitution à l'exception de certaines de ses
stipulations :
1° Il s'agit, en premier lieu, de celles qui prévoient l'application du statut " à tous... sans aucune distinction fondée sur la qualité officielle". Ces stipulations sont
contraires au régime de responsabilité pénale exclusif du chef de l'Etat, des ministres et des parlementaires, institué par les articles 26, 68 et 68-1 de la Constitution.
2° En deuxième lieu, la compétence de la Cour pénale internationale à l'égard de la France affecte les conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale
dans deux hypothèses : intervention d'une loi d'amnistie et application des règles nationales de prescription.
3° Affecte également les conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale le
4 de l'article 99 du statut. Celui-ci permet en effet au procureur de la Cour pénale internationale d'effectuer des investigations, en particulier des visites de sites ou lieux
publics, sur le territoire national et sans être assisté des autorités judiciaires nationales compétentes.
La ratification du statut de la Cour pénale internationale exige donc une révision préalable de la Constitution.













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