Les 15 et 16 avril derniers, le Conseil constitutionnel a reçu une délégation de la Cour
constitutionnelle italienne. Lors de cette visite, Franco Gallo, Président de la Cour constitutionnelle était accompagné de Gaetano Silvestri, Vice-président, Sabino Cassese
et Alessandro Criscuolo, juges constitutionnels, Giuseppe Troccoli, Secrétaire général et Maria Antonietta Biasella, chef du protocole.
Cette rencontre bilatérale fait suite à celle effectuée par le Conseil constitutionnel français à la Cour constitutionnelle italienne à Rome en 2008 .
Les séances de travail ont mis en parallèle la QPC en France et le contrôle incident de constitutionnalité des lois en Italie, ainsi que les élections présidentielles et
référendums en France et les référendums abrogatifs d'initiative populaire en Italie.
La Cour constitutionnelle italienne contrôle de manière incidente la constitutionnalité des lois depuis la seconde moitié du XXe siècle (1956). Ainsi, en Italie comme en France, un requérant peut poser au cours d'un procès devant une juridiction de droit commun une question de constitutionnalité qui sera transmise à la Cour constitutionnelle à condition qu'elle soit pertinente et non manifestement infondée . À l'inverse du système français, cependant, le juge a quo peut se saisir d'office et la saisine du juge constitutionnel italien ne fait pas l'objet d'un second filtrage par les juridictions supérieures.
Dans les deux pays, les décisions d'inconstitutionnalité ont des effets dans le procès où la question de constitutionnalité a été soulevée, mais aussi, elles ont pour conséquence la disparition dans l'ordre juridique de la norme déclarée inconstitutionnelle. Les deux juridictions constitutionnelles modulent dans le temps les effets de leurs décisions afin de prendre en compte les conséquences de l'immédiateté d'une abrogation, comme le risque de vide juridique. Ainsi, tandis que le Conseil constitutionnel peut déterminer une date ultérieure à partir de laquelle l'abrogation produira ses effets, la Cour constitutionnelle évite de déclarer formellement une norme inconstitutionnelle tout en mettant en évidence son inconstitutionnalité.
Concernant les référendums, la Cour constitutionnelle italienne a présenté le contrôle qu'elle exerce sur la recevabilité des référendums d'initiative populaire visant à l'abrogation de lois. Elle vérifie notamment qu'ils ne portent pas sur les matières que la Constitution exclut (loi de finances, lois d'amnistie et de remise de peines, lois d'autorisation à ratifier les traités internationaux). Ces référendums doivent également présenter un caractère clair, homogène et univoque. Ils doivent émaner d'un échantillon représentatif de la population (500 000 électeurs ou cinq conseils régionaux) et respecter les conditions énoncées dans la jurisprudence constitutionnelle
Rappelons que la Cour constitutionnelle a été créée par la Constitution de 1947. Elle est composée de 15 juges dont le mandat est de 9 ans. 5 membres sont élus par le Parlement réuni en Congrès à la majorité qualifiée, 5 membres sont nommés par le Président de la République, 5 membres sont élus par les juridictions « suprêmes » (Cour de cassation, Conseil d'État et Cour des comptes). Le président est élu, en principe, pour trois ans, par les juges de la Cour.












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